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La première ascension connue de la montagne de 6 288 pieds remonte à 1642, alors qu’un dénommé Darby Field
atteignit le sommet de Agiocochook (ancien nom du Mont Washington). Une longue période de 210
ans s'est ensuite écoulée avant la construction de la première « Summit House », en 1852, soit un an avant
la construction de l’actuelle « Tip Top House ». Un peu plus tard, la route (« Carriage Road ») et le train
(« Cog Railway ») menant au sommet étaient construits, de chaque côté de la montagne. Ces deux ouvrages
représentaient des exploits technologiques sans précédent, et ont rendu accessible aux visiteurs de tous âges
le plus haut sommet de la Nouvelle-Angleterre. La popularité de la montagne ne cessait de croître, et
plusieurs structures furent érigées au sommet, auxquelles on donna le surnom de « Cité des nuages ».
Alors que les années se succédaient, des bâtiments furent construits, d'autres furent démolis. En fait, tous ont
finalement été emportés par les flammes, sauf la « Tip Top House », lors de l'incendie du 18 juin 1908 qui
fit rage au sommet.
Malgré cela, 11 jours s'écoulèrent avant que la bâtisse de pierre ne soit à nouveau opérationnelle.
En 1932, quatre hommes furent les pionniers de ce qui devint l'Observatoire du Mont Washington, et qui conserve
depuis un registre journalier des variations de climat au sommet. Le 12 avril 1934, les scientifiques
enregistraient une rafale de vent à 372 km/h, soit le vent le plus violent jamais observé sur la Terre.
Le schéma du sommet ci-contre montre la configuration actuelle des installations. Le plus imposant des bâtiments
est le pavillon « Sherman Adams », situé au nord-est du sommet de 6 288 pieds représenté par le triangle orange.
Au sud-ouest, on retrouve la « Tip Top House », et juste au sud des escaliers de bois, on aperçoit la jauge pour mesurer
la pluie de l'Observatoire. Juste à côté se trouve le bout de la voie ferrée d’une longueur de 4.8 km du « Cog Railway »,
ainsi que le « Stage Office » de la route carrossable. Ce dernier édifice est chaîné au sol pour résister aux
rafales de vent! L'Édifice Yankee, celui de WMTW télé, la centrale énergétique et les tours de retransmission
complètent le paysage. De plus, trois grands stationnements ont été bitumés pour les visiteurs empruntant
la « Carriage Road ».
Une visite du Mont Washington est une expérience inoubliable. Que vous accédiez au sommet par le train ou en
automobile, ou que vous en fassiez l'ascension d'été ou d’hiver, qu’il fasse 20°C ou -30°C, que la visibilité
soit de 100 km ou de 10 m, que ce soit une journée ensoleillée ou en plein blizzard, le plus haut sommet
de la Nouvelle-Angleterre vous semblera différent à chaque visite. Ce n'est donc pas surprenant que des
dizaines de milliers de visiteurs s'y présentent chaque année.
La première « Summit House », montrée ici, fut construite en 1852
par J.S. Hall et L.M. Rosebrook, au coût de 7000 $ américains. Pour faire face aux vents violents faisant rage
au sommet, la maison de pierre de 19.5 m de long était solidement ancrée au roc par des chaînes passant
par-dessus le toit. La maison était située tout juste au nord-ouest du rocher sommital.
L'année 1853 marque le début des travaux de deux des projets encore existants aujourd'hui, la
« Tip Top House » et la route menant au sommet (« Carriage Road »). Au mois de juin de la même année,
la législation de l’État du New Hampshire créait la « Mount Washington Carriage Road Company »
pour créer les plans et construire la route menant au sommet. Un mois plus tard, la construction de la « Tip Top
House » commençait, juste à côté du sommet géographique du Mont Washington. L'hôtel de pierres, que
l'on peut voir sur la gravure présentée ici, fut construit au coût de 7000 $ américains par Samuel F.
Spaulding & Cie. Ancrée à la montagne par des fondations de béton et d’acier, la bâtisse de 7.3 m par
25.6 m était coiffée d’un toit presque plat et possédait quelques petites fenêtres carrées sur le côté.
Le 1er septembre 1853, tout près de Gorham, la « Mount Washington Carriage Road Company » tenait sa première réunion,
présidée par David O. Macomber. Les plans originaux stipulaient que la route serait large de 16 pieds, bitumée, et
ceinturée d'un muret de protection de trois pieds de haut aux endroits jugés dangereux. Un tracé avait été examiné
et localisé de façon à ce que l'inclinaison ne dépasse pas le ratio d’un pied de gain d’élévation pour huit pieds
de distance, entre le sommet du Mont Washington et la « Glen House », tout en bas.
En 1854, Timothy Estus, du village de Jefferson au New Hampshire, construisit une plate-forme haute de 40 pieds au-dessus
du rocher sommital, et qu'il définissait comme étant un observatoire.
On peut voir cette tour sur la gravure ci-contre, qui montre le sommet tel qu'il était en 1854.
(Cliquez dessus pour l'agrandir) Cette structure, construite au coût de 600 $ américains, était fixée au
sol par quatre poteaux assemblés à des renforts en forme de croix. La plate-forme proprement dite se déplaçait
verticalement grâce à un système de câbles et de poulies. Pour 50¢, les touristes avaient l'opportunité de
grimper au sommet de cette tour surélevée. Cet observatoire s'avéra cependant plus ou moins être un échec.
Il fut abandonné l'année suivante et démoli un an plus tard.
En 1855, les travaux d’aménagement de la route avaient débutés,
et celle-ci passait par ce que l'on nomme aujourd’hui la « Chandler Ridge ». Cependant, à
l'automne 1856, la compagnie faisait faillite (à cause des coûts exorbitants de construction) et
la nouvelle route ne se rendait pas plus loin que la toute nouvelle maison de mi-chemin (Halfway House,
voir la photo), environ à quatre miles (6.4 km) de « Glen House ».
Les origines du « Cog Railway » remontent aussi aux années 1850. Un homme du nom de Sylvester
Marsh avait atteint le sommet avec un ami au mois d'août de l'an 1857.
Ils avaient cependant
du faire face à un violent orage et n’atteignirent le sommet qu’après le coucher du soleil.
Après s'être réfugié dans la « Tip Top House », Marsh eut l’idée de faire l’ascension du Mont
Washington via un train à vapeur. Avec la faillite de la « Carriage Road Company », il s’est
empressé d'élaborer son idée et débuta bientôt la conception d'un engin à vapeur utilisé pour
pousser un wagon de passagers sur un rail à engrenage (cog railway), tel que présenté sur l'image
ci-contre. Il expérimenta plusieurs prototypes durant l’hiver suivant, et en 1858, il présenta
un modèle d'engin fonctionnel aux autorités de l'État du New Hampshire. L'engin gravit avec
succès une petite voie inclinée, mais la démonstration ne fut pas assez convaincante. Cela prit
quelques années à Marsh pour convaincre le public qu’un train gravissant la montagne pouvait
devenir une réalité.
Vers la fin des années 1850, des fonds furent disponibles pour relancer les travaux de la route
menant au sommet,
et l'espoir était grand d’achever cet ouvrage monumental. « De par son
innovation et pour son emplacement extraordinaire, la complétion de cette route n'aura pas
son pareil dans tout le monde occidental. » (Historical Relics of the White Mountains, J.H.
Spaulding, 1858) La progression des travaux sur le terrain reprit en 1859, sous la gouverne
renouvelée de la « Mount Washington Summit Road Company », et le sentier s'approchait de plus
en plus du sommet. La photo qu'on voit ici a été prise vers le nord-est, juste en bas de l'actuel
mile 6 de « l'Auto Road ». On y voit les nuages parsemer le paysage, bien en-dessous de l'arête
de la route.
À l'aube de 1860, le toit du point culminant de la Nouvelle-Angleterre débutait finalement sa
nouvelle vocation d’attraction touristique. Bientôt, la « Carriage Road » et le « Cog Railway »
furent complétés, de nouveaux édifices étaient érigés puis démolis, et de plus en plus de gens
pouvaient expérimenter la météo, les vues panoramiques, et l'exaltation de faire l'ascension
du Mont Washington.
Le grand feu: 19 juin 1908
Voici quelques-unes des photos du sommet prises le lendemain du désastreux incendie qui rasa la
totalité des bâtiments du sommet, excepté la « Tip Top House », qui fut à toutes fins pratiques
épargnée par les flammes. Le temps sec et les vents chauds ont vite fait de propager les flammes,
transformant la « Cité des nuages » de la Nouvelle-Angleterre en un tas de débris fumants.
Il ne restait que des matériaux noircis, des cheminées se dressant au milieu de rien et les
rails du « Cog Railway » tordus par la chaleur.
![[LE GRAND FEU - 19 JUIN 1908]](../photos/1908-06-19/feu-1.jpg)
![[LE GRAND FEU - 19 JUIN 1908]](../photos/1908-06-19/feu-2.jpg)
![[LE GRAND FEU - 19 JUIN 1908]](../photos/1908-06-19/feu-3.jpg)
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